8 ans, une petite vie quand on y pense. 8 ans d’une riche vie en agence digitale, la discrète, celle qui n’a pas pignon sur rue mais qui réussit à tirer son épingle du jeu. On pourrait l’appeler la planque.

8 bougies soufflées, il y a quelques mois de ça, sur un gâteau de départ au goût un chouia amer. Cette amertume c’est le retour au palais d’une sensation de manque, le truc qu’a pas pu raté car il était pas là.

Ce truc, MON truc, ça a été l’accomplissement de soi. Vous allez me dire, il est un peu têtu le gaillard pour rester 8 piges dans une agence où il se sent pas accompli.

Remarque acceptée, si elle n’était pas légèrement précipitée.

La logique, dans sa plus simple définition, voudrait que l’on ne s’attarde pas sur des choses qui ne nous font pas ressentir les bons mood. On part clairement en exode du négatif.

Sauf ! Sauf que les liens humains que j’ai pu construire sont quand même forts.

Ils ne seront jamais que des collègues de bureaux

Je vais être honnête avec vous, le jour J, celui de mon départ, j’ai eu la boule au ventre, la gorge sèche et les glandes lacrymales prêtes à faire déborder la Seine.

Emu je l’ai été, un vrai gosse qui quitte ses parents pour sa première colo. En colère et soulagé, je l’ai été aussi, bien plus d’ailleurs.

En colère et soulagé après avoir été l’acteur d’une situation qui touche beaucoup d’agences aujourd’hui.

J’ai goûté à des saloperies, la pression et le travail j7/7, des drogues si violentes qu’elles feraient passer la Krokodil pour du sirop.

Mon malheur ? Être le référent dans pas mal de domaines.

Bien que l’agence soit petite (à taille humaine ça fait plus stylé mais sémantiquement parlant c’est du prout prout de licorne) il y avait une bonne cadence de travail, ça tournait à tous les niveaux.

Mais voilà, être sans cesse demandé c’est fatiguant, être multi-tâche c’est aussi fatiguant tout comme c’est un bordel cérébral. Le truc qui te fait connaître le tout et maitriser le rien. Pourtant on te demande toujours des recos sur ça ou ça.

On te déroute sans trembler du menton, le regard planté dans ta rétine. Tu es déjà seul à faire le travail de 2 et un troisième larron s’incruste à la fête. Le morion que t’aurais jamais cru chopper.

Si ce n’est moins excitant, le quotidien devient vite pesant.

On reste tout de même fier et un tantinet vaniteux de bosser en agence, même peu connue. La gaule matinale du jeune Parisien.

Le déclic, c’est comme ça qu’on dit. Ce machin, truc, bidule qui arrive où on l’attend le moins. Et bien j’ai su qu’il était face à moi lorsque je me suis mis sur pause.

Une mise en retrait perso, un recul qu’il me fallait prendre et qui m’a permis de comprendre un chose. Le pourquoi j’avais du mal à cette période, parce que j’ai été dans le dur comme jamais, psychologiquement et physiquement.

Mes ambitions, mes choix, mes idées, mes mots, je ne retrouvais aucun écho de tout ça dans cette agence.

J’étais pourtant vu comme un ancien mais aucune trace de moi nul part.

Dès ce moment où j’ai compris que je ne pouvais pas ou plus développer mes idées et que mes ambitions pour le développement de l’agence ne collait pas, j’ai décidé de rompre la relation.

En parallèle je faisais déjà quelques missions en freelance où je m’épanouissais plus. Je sentais au plus profond de moi que l’on m’écoutait, que l’on me laissait faire.

Et je ne parle pas ici de confiance. L’agence a toujours eu confiance en moi, mais quand tu ressens des mauvais trips alors c’est qu’il est déjà trop tard.

Est-ce que cette expérience m’a dégoutté de travailler de nouveau en agence ? Pas le moins du monde.

Est-ce que je saurais m’épanouir dans une nouvelle agence ? J’ose espérer que oui.

A cet instant, je suis freelance et ça me convient. Je mène ma propre danse, sans pour autant renier ce que j’ai appris de ma vie d’avant.

Une vie que j’ai bu jusqu’à plus soif.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *