L’ivresse des premiers instants

L’euphorie qui règne lors des débuts d’une activité en freelance est une sensation inoubliable. A juste titre, se lancer dans un nouveau projet sera toujours palpitant bien qu’ayant une part plus obscure.

Une organisation se crée, les idées se mettent en rangs d’oignons et l’envie exile dissimule toute crainte de l’avenir.

Un monde du travail prend vie… jusqu’au jour du premier contrat signé.

Le souffle court, les paupières si étirées que les yeux en tomberaient, et le petit rictus labial… voici enfin venues les preuves physiques et tangibles de la réussite.

La joie et le plaisir sont là, certes, mais à quel prix ?

Prix d’ami pour un oui

Danger, fléau, normalité de la chose, je ne sais guère. Ce qui est certain c’est qu’il est compliqué au départ de signer des contrats sans se mettre à genoux.

Baisse ta culotte, c’est moi qui pilote

Doit-on absolument débuter une activité en dénigrant notre travail, nos valeurs et compétences. Car il est question de ça à travers les clients gagnés à bas prix. Des prestations complètes pour des fins de mois de semi-smicard.

Parce qu’au final c’est ce qui se passe, une routourne qui tourne dans le mauvais sens. Un sacrifice financier mais aussi moral et éthique.

Encore dans l’emballement des premiers émois de liberté, les nouveaux clients affluent d’un pays imaginaire appelé “OUI”. De peur de na pas réussir à obtenir des projets à notre hauteur, on s’enlise dans une frénésie destructrice, un esclavage moderne allant jusqu’à faire couler des larmes à Spartacus.

Pourquoi esclavage ? Car l’homme a cette viscérale habitude d’exploiter son prochain. Inconsciemment et dans la logique des choses, le client du freelance va lui réclamer beaucoup.

Une masse de travail et psychologique pour le travailleur indépendant.

Le NON, fondement de la maturité

La seule et unique façon de se sortir de ce guet-apens dans lequel le freelance a indirectement conçu est d’apprendre le non.

Dire non est quelque chose de difficile à appréhender au départ. Une sensation de contre performance, un frein à l’avancée de notre activité.

Dans un sens, c’est vrai, dire non c’est prendre sans contraceptif le risque de perdre un projet intéressant.

Passé cette phase de psychose, que nous apprend d’autre ce non ? Vers quoi nous amène t-il ?

Il nous sort déjà de cet esclavage dont j’ai fait mention un peu plus haut, celui où le travailleur indépendant se trouve à brader ses prestations. Le tout en conservant la totalité de ses services et en prenant le risque de ne plus vivre que pour son macro.

Le non renforce notre confiance en nous, replace notre égo où il faut. Savoir dire non c’est aussi être pleinement conscient de ce que l’on vend comme produit ou prestation.

Le non permet aussi de faire prendre conscience aux futurs non clients que le marché de fonctionne pas comme ils le pensent. Que diminuer un tarif de -50% n’a comme conséquence d’obtenir que la moitié de la prestation.

Il y a tout intérêt à refuser une proposition, même la plus alléchante sur la papier. Les sentiments, les sensations doivent rentrer en ligne de compte.

C’est ça au final savoir dire non, une question de sensation.

 

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