Avant ce moment, je ne me serais certainement jamais aventuré sur le terrain de l’engagement. Sujet aussi vaste que complexe, il reste toutefois extrêmement enrichissant.

Ce moment ? Rien de plus ni moins que ces enivrantes minutes de conversation entre Etienne Klein et Jean Malaurie sur la notion de s’engager. Intimité entre deux hommes de sciences dont les mots sont une danse en 4 temps.

Tout arrive pourtant et me voilà à vous écrire les premiers paragraphes d’un article traitant de l’engagement. De cette notion je ne tenterais que d’y dissoudre sa partie professionnelle. L’engagement chez le freelance.

Comment définir l’engagement du travailleur indépendant ? De quel engagement fait preuve l’individu qui cherche à s’accomplir par lui-même ? Peut-on renoncer à s’engager ?

C’est avec recul et tâtonnement que je vais vous donner ma vision de la chose.

Commençons par le commencement, la définition de l’engagement. Sous toutes ses formes.

A quoi rime s’engager ?

> Le Larousse nous dit qu’il s’agit là d’un acte par lequel on s’engage à accomplir quelque chose, une promesse, une convention, un contrat par lesquels on se lie.

> L’engagement au combat désigne quant à lui l’introduction d’une troupe dans une bataille. C’est aussi un combat de courte durée.

> En sport, l’engagement est synonyme de coup d’envoi. C’est aussi une intention de participer à une compétition.

La notion d’engagement n’échappe pas non plus à la philosophie qui le défini comme un acte par lequel un individu assume les valeurs qu’il a choisies et donne un sens à sa vie.

On retiendra que l’engagement se veut autant physique que moral. Le don de soi par la transmission de valeurs et de poings.

L’engagement vu par le freelance

Pour notre ami le freelance qu’en est-il alors ? Peu importe notre savoir-faire, il va de soi que le sang ne coulera pas. Les poings pourraient pleuvoir si tant est que la situation soit inextricable.

Pour autant, alors qu’il engage volontiers ses valeurs et promets des résultats (directement ou indirectement d’ailleurs mais ce n’est pas le sujet), le freelance engage aussi son corps.

Les longues heures de travail, les jours de repos comme appât du chaland. Les remises en question et les faces à faces avec les clients et prospects.

Un combat sanglant qui n’aura qu’une seule issue, son genoux à terre ou sa transfiguration.

Il est alors logique de conclure que le freelance engagé, donne de sa personne physique et morale.

Comment naît l’acte de s’engager ?

De ce que j’ai pu ressentir, il me semble que l’on s’engage lorsque vient le moment d’évoluer. L’engagement serait une sorte de transmutation de l’homme, de ce qu’il est, ce comment il se voit vers ce qu’il désire.

L’engagement est donc une affaire personnelle ? Le bien-être d’autrui passerait en second plan ? Ma foi pourquoi pas. L’engagement reste en priorité un accord que l’on passe avec nous même. Nous acceptons de ne plus devenir celui que l’on est, nous acceptons de changer.

Pour paraphraser à demi-mot Jean Malaurie dans son dernier ouvrage, le freelance, l’entrepreneur qui s’engage, ose. Le don de soi est une aventure périlleuse.

Le cran, est-ce là un élément indéboulonnable de la notion d’engagement ? Il en faut pour créer son entreprise, pour créer son site web, pour aller négocier avec un prospect, pour faire face aux déconvenues.

Le freelance qui s’engage est donc touché par un certain courage. Grand bien lui en fasse.

Mais face à cette bonne volonté, cette envie de voir sa vision du monde meilleur, comment alors trouver une explication à la perte d’engagement ?

La cause que le freelance croyait jusqu’à présent juste et noble est-elle évanouie ?

Les maux de l’engagé

Peut-on perdre sa motivation et de surcroît sa quête ? Malheureusement oui et il est judicieux de s’y intéresser et de comprendre ce qui peut générer cette perte.

La déception peut-être une cause de cette baisse ou perte d’engagement. Par quoi le freelance peut-il être déçu ? Beaucoup de choses.

De mauvaises relations avec un ou plusieurs clients, la déception de ne pas voir son activité évoluer malgré ses actions de prospections. La déception même de sa situation de travailleur indépendant qui ne lui convient plus.

La solitude a bien entendu son rôle à jouer dans la désertation de l’individu.

Le non engagement soudain peut aussi être causé par la naissance brutale de la fatigue, physique et psychique. A force de travail, de stress, de longues heures à penser et repenser, notre corps s’effrite, notre esprit avec, en quelque sorte.

Retrouver cette motivation

S’engager de nouveau requiert les mêmes armes qu’il a fallu pour s’engager la première fois. Un renouveau en appelle un autre, une mue reste une mue. Là où l’homme, le freelance, l’entrepreneur se trouve entravé, il se doit alors de s’élever.

Retrouver un sens à sa vie professionnelle.

 

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